Lessons tirées du projet « Siraj » : renforcer la résilience numérique au Yémen 

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Dans les zones de conflit, l’accès à des informations fiables peut être aussi vital que la nourriture, les médicaments ou un refuge. Il détermine si les familles font confiance à une distribution d’aide, évitent les escroqueries ou savent se protéger en ligne. Lorsque la désinformation, les fausses informations et les propos préjudiciables se propagent, les conséquences peuvent être graves : elles exacerbent la peur, érodent la confiance et rendent des situations déjà fragiles encore plus dangereuses.

Depuis 2019, (Créer de l’espoir dans les zones en conflit) a investi dans des idées audacieuses visant à améliorer l’accès à des informations vitales dans ces zones. Dans le cadre de ce travail, CHIC a soutenu un petit nombre d’innovations spécifiquement axées sur la lutte contre la mésinformation, la désinformation et les discours haineux, souvent désignés sous l’appellation « mésinformation, désinformation et discours haineux dans les conflits ».

En 2024, l’étude de Grande Défis Canada intitulée « mésinformation, désinformation et discours haineux dans les conflits » a mis en évidence la nécessité de réformer la manière dont le secteur humanitaire répond aux préjudices numériques. L’étude a souligné l’importance des approches menées localement qui renforcent la résilience au niveau communautaire, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des réponses réactives et descendantes une fois que le préjudice s’est déjà propagé.

L’étude a également réaffirmé la nécessité d’investir dans des acteurs locaux de confiance, de renforcer l’apprentissage et l’évaluation, et d’apporter un soutien plus durable aux activités de lutte contre les préjudices numériques, la mésinformationla désinformation et les discours haineux dans les conflits dans les contextes humanitaires. 

 

@Fondation SecDev, Mohammed de l’équipe Siraj, 2023.

 

Le projet Siraj : une action menée par les jeunes contre les préjudices numériques au Yémen 

Le projet Siraj a été lancé par la Fondation SecDev en partenariat avec la Sheba Youth Foundation, une organisation de la société civile yéménite de confiance. Ensemble, ils ont entrepris de renforcer la résilience numérique au Yémen en aidant les communautés à reconnaître et à réagir aux préjudices en ligne, notamment les escroqueries, la désinformation, le harcèlement en ligne et les fausses rumeurs qui sapent la confiance dans l’aide humanitaire. 

Au fondement du projet Siraj se trouvait une idée simple mais puissante : les communautés sont les mieux placées pour se protéger lorsqu’elles disposent d’outils, de connaissances et d’un leadership local adaptés. 

De 2021 à 2023, Siraj a formé 71 jeunes Yéménites pour qu’ils deviennent des champions de la sécurité numérique. Ces jeunes leaders ont appris à identifier les contenus préjudiciables, à réagir face à la désinformation et à promouvoir des comportements en ligne plus sûrs au sein de leurs propres communautés. Leur travail s’est bien étendu au-delà des sessions de formation. Siraj a soutenu 64 activités de sensibilisation, notamment des sessions communautaires animées par des jeunes, des émissions de radio, des ateliers et des actions en ligne. Le projet a également développé 49 supports pédagogiques en arabe, tous adaptés aux réalités yéménites. 

@Fondation SecDev, formations à la sécurité digitale avec les équipes de Siraj, 2023.

 

En seulement 18 mois, Siraj a permis à 495 826 personnes d’accéder à des ressources sur la sécurité numérique. Plus de 73 000 personnes ont déclaré mieux comprendre les risques liés au numérique, et près de 4 000 adultes ont indiqué se sentir mieux protégés contre les dangers du numérique. Plus de 430 000 personnes ont participé activement au projet par le biais de campagnes, de formations ou de plateformes en ligne. 

L’un des exemples les plus marquants de l’impact de Siraj provient de Tasea, l’une des jeunes filles formées dans le cadre du projet. Après avoir participé à Siraj, elle a modifié ses propres habitudes numériques, a cessé d’utiliser des applications dangereuses et a commencé à partager ce qu’elle avait appris avec sa famille et ses amis via un groupe WhatsApp. Ce qui n’était au départ qu’une initiative impliquant quelques personnes s’est transformée en un vaste réseau d’apprentissage et de soutien entre pairs, démontrant ainsi comment la résilience numérique peut se propager au sein de réseaux locaux de confiance. 

Grâce à une solide appropriation locale et à l’adhésion continue des jeunes dirigeants formés, Siraj démontre que des réponses efficaces aux préjudices numériques sont non seulement possibles dans des contextes de conflit, mais qu’elles peuvent également être menées par la communauté, adaptées et profondément pertinentes pour la vie quotidienne des gens. 

 

Lisez l’étude de cas complète du projet Siraj (en anglais) 

 

 

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